Des pommes biologiques naturellement sans ver

Des chercheurs de l’Université d’Erlangen-Nuremberg ont mis au point un procédé qui permet de protéger les pommes produites en agriculture biologique des attaques de vers. L’équipe, dirigée par le Dr. Stefan Schwab, bénéficie désormais d’un soutien financier de 350.000 euros du Ministère fédéral de l’économie et de la technologie (BMWi).

Le groupe de travail Agrolytix de l’Université d’Erlangen-Nuremberg se compose de biologistes, de chimistes et de techniciens de procédés. Ils attaquent les larves du carpocarpse des pommes, l’ennemi principal des vergers, à l’aide d’un virus. Celui-ci est inoffensif pour les autres insectes et animaux. Pour les larves, en revanche, l’infection est mortelle.

Le produit biologique ainsi pulvérisé présente une efficacité comparable à celle de son pendant conventionnel, tout en étant plus respectueux de l’environnement. Les chercheurs sont parvenus à emballer le virus dans une capsule. Elle protège le virus des rayons UV, qui provoqueraient sa mort, et le rend appétissant pour les jeunes carpocarpses grâce à des substances appétentes. La capsule permet d’augmenter le degré d’efficacité de ce produit pesticide, qui passe de 60% à 80%. Parallèlement, le nombre de passages du pulvérisateur recule d’un tiers.

Le groupe de chercheurs Agrolytix souhaite créer dans les prochains mois une entreprise, afin de produire et de commercialiser ce nouveau produit phytosanitaire. Il est soutenu en cela par le BMWi et par le bureau des créateurs d’entreprises du correspondant pour le transfert de connaissances et de technologie (WTT). Celui-ci gère en effet le projet Scientrepreneur, qui permet d’augmenter la quantité et la qualité des “jeunes pousses” d’origine universitaire, grâce à un large réseau de partenaires.

Source : Dépêche idw, communiqué de presse de l’Université d’Erlangen - 30/07/2008

Le paradoxe français “French Paradox”

Le paradoxe français (french paradox) est l’expression qu’emploient les anglophones et les diététiciens pour désigner une apparente contradiction entre la pratique alimentaire des français et leur santé.

Il ne s’agit en fait pas du régime alimentaire de toute la population française, mais uniquement de celle du Sud-Ouest. Dans cette partie de la France, en effet, l’alimentation est globalement assez riche en matières grasses (foie gras, confit de canard) et en vins, voire en boissons alcoolisées, alors que la santé globale est assez bonne, que le taux d’infarctus est de seulement 80 pour 100.000 par an, soit 4 fois moins qu’aux États-Unis et que l’espérance de vie est de 10 ans plus élevée que dans le nord-est de la France (source : Population et sociétés ).

Plusieurs hypothèses sont actuellement (2005) en concurrence, et d’ailleurs non exclusives les unes des autres :
La consommation de vin rouge à dose raisonnable (un ou deux verres par jour) préviendrait le développement des maladies cardio-vasculaires. Une hypothèse est que le resvératrol contenu dans certains vins serait particulièrement protecteur. L’action potentiellement bénéfique des polyphénols contenus dans le vin rouge est aussi régulièrement mise en avant. De fait, la courbe indiquant le taux de consommation de vin rouge et celui des maladies cardio-vasculaires dans les pays occidentaux a une allure bien linéaire régressive (on dit par boutade qu’il faudrait corriger ces statistiques des personnes qui n’ont pas pu avoir une maladie cardio-vasculaire parce qu’une cirrhose les a tuées avant, mais l’augmentation de longévité ne témoigne pas dans ce sens). Cependant cette théorie fait débat et ce d’autant que d’énormes intérêts économiques sont en jeu. Notamment, la plupart des études qui concluent à un effet protecteur de la consommation d’alcool souffrent d’une erreur méthodologique sérieuse, puisque sont rangés dans la catégorie des abstinents les anciens alcooliques devenus abstinents(*). Quelques études limitent la catégorie des abstinents aux abstinents de toujours et ne retrouvent pas cet effet protecteur. Le petit nombre d’études reposant sur une méthodologie correcte ne permet pas de porter une conclusion définitive sur cette question. Certains craignent par ailleurs que défendre la thèse d’un effet positif du vin encourage une consommation régulière, alors que l’alcool est responsable de nombreuses autres pathologies.

(*)Cela dit, un alcoolique, par définition, ne fait pas une consommation de vin “à dose raisonnable”, ce qui explique que les anciens alcooliques soient classés parmi les abstinents.
La viande de volaille (canard, oie…) est certes riche en cholestérol, mais davantage en bon cholestérol (Lipoprotéine de haute densité) qu’en mauvais (LDL).
Les oies ou les canards recevraient pour supporter leur gavage des doses importantes d’anticholestérolémiants qui se retrouveraient en partie dans leur viande. Cette information qui n’est ni confirmée ni infirmée fait sans doute partie des légendes urbaines.
La consommation de poissons, même gras5 comme la truite, est supérieure dans le sud de la France, et les poissons sont pauvres en LDL et autres hydrates saturés. (C’est un point commun avec l’alimentation des Japonais, gros consommateurs de poisson à bonne longévité).
La consommation de fruits et légumes frais est également supérieure dans le Sud de la France, ce qui apporte des antioxydants bénéfiques à la préservation de la santé. Globalement l’alimentation y est plus diversifiée.
Les glucides, et non les lipides, seraient responsables du surpoids et des maladies cardio-vasculaires, comme le suggérait déjà Brillat-Savarin dans sa Physiologie du goût publiée en 1825. Certains mettent en question l’hypothèse lipidique, communément admise, selon laquelle l’excès de consommation de graisses (et le cholestérol) serait le responsable principal des maladies cardio-vasculaires.
La pollution de l’air est moins élevée dans l’Ouest de la France mieux exposé au vent, et avec une concentration urbaine moins élevée, ce qui diminue l’incidence des maladies respiratoires. La plus grande douceur du climat permet aussi une meilleure ventilation des lieux de travail et de vie durant une grande partie de l’année.
Un autre raison possible est liée à la présence dans les pays du pourtour méditerranéen d’une plante sauvage particulièrement riche en omega-3, qui pourrait contribuer à baisser le risque cardio-vasculaire. “Les poules s’en régalent, comme s’en régalent aussi limaces et autres animalcules, dont les poules en liberté se régalent aussi… “7
Il se peut enfin que davantage de retraités choisissent le Sud-Ouest que le Nord-Est de la France pour profiter de leurs vieux jours, augmentant ainsi encore les statistiques de longévité moyenne dans cette région).

Un riz coloré riche en nutriments

Des chercheurs taiwanais de l’Institut de recherche agronomique dépendant du Conseil de l’agriculture (COA) ont développé différentes variétés de riz génétiquement modifié à partir de la lignée de riz “Tainung 67″ dont les couleurs obtenues varient du mauve sombre à l’orange en passant par le marron.

La variété mauve sombre est celle qui contient le taux d’anthocyane, un pigment aux propriétés antioxydantes, le plus élevé : chaque gramme de ce riz contient par exemple 805,1 microgrammes de péonidine. De plus, ce riz est riche en oligo-éléments et a une teneur en fer de 16,46 micro-g /100g (6,3 pour le riz blanc), en zinc de 8,96 (4,92 pour le riz blanc), en cuivre de 1,49 (0,91 pour le riz blanc) et en sélénium de 0,15 (0,06 pour le riz blanc). La majorité des nutriments de ces riz colorés proviennent justement de leur couleur et les chercheurs ont également développé une technique spéciale de cuisson pour préserver la couleur, les nutriments et la texture du riz.

Ce riz va être dévoilé cet été lors d’une conférence internationale sur les biotechnologies durant laquelle les procédés de fabrication seront transférés au secteur privé pour une production de masse.

Source : BE Taiwan numéro 15 (13/06/2008) - Institut Français de Taipei (Taiwan) / ADIT

Les fruits et les légumes aideraient à préserver la masse musculaire

La sarcopénie désigne la fonte des muscles due au vieillissement ou à une maladie neurologique. Parmi les facteurs neurologiques en cause il faut citer la dégénérescence des neurones moteurs. Cependant, d’autres causes sont responsables de la sarcopénie :
- Les dysfonctionnements endocriniens (carence en hormone anabolisante).
- Les troubles nutritionnels.

On savait déjà que les fruits et les légumes contiennent des vitamines, des minéraux et des fibres, ce qui fait d’eux les aliments indispensables pour rester en bonne santé. Une étude récente du service de recherche agronomique (ARS) prouve que les fruits et légumes aident également à préserver la masse musculaire chez les personnes âgées. L’étude a été menée par le médecin et spécialiste en nutrition Bess Dawson-Hughes au centre de recherche de nutrition humaine de l’USDA en collaboration avec Tufts University à Boston, Massachusetts.

L’alimentation occidentale, riche en produits animaux, est une source d’acides sulfuriques et phosphoriques issus du métabolisme des protéines. De plus, il a déjà été prouvé que l’acidose alimentaire s’accentue avec le déclin de la fonction rénale lié à l’âge. Le rôle des os dans le maintien du pH plasmatique et de l’équilibre acido-basique est complexe. C’est un gigantesque réservoir de substances alcalines, mobilisables en réponse à une acidose métabolique. Les situations d’acidose sont associées à une hyper-calciurie et une balance calcique négative. L’essentiel du calcium de l’organisme étant contenu dans l’os, le squelette contribue à cette élévation de l’excrétion urinaire de calcium. L’acidose diminue la réabsorption rénale du calcium et un excès d’H+ provoque une libération du calcium osseux. Même faible, une diminution du pH se traduit par une augmentation de la résorption osseuse. Ainsi l’ostéoporose pourrait être la conséquence de l’utilisation des capacités tampons du squelette, en réponse à une acidose chronique induite par l’alimentation.

Les chercheurs ont réalisé cette étude sur un ensemble de 400 volontaires hommes et femmes âgés de 65 ans et plus. L’activité physique, la taille, le poids, et le pourcentage de la masse maigre du corps des volontaires ont été mesurés au début de l’étude et trois ans après. On observe chez les volontaires dont les régimes étaient riches en potassium, 1.5 kg de masse maigre supplémentaire en comparaison avec les volontaires ayant reçu un régime contenant deux fois moins de potassium. Cela devrait participer à la compensation de perte d’environ 2 kg de masse maigre qui est typiquement perdu en une décennie chez les hommes et les femmes en bonne santé âgés de plus de 65 ans. Cette étude a été publiée dans l’édition de mars du journal américain American Journal of clinical Nutrition.

Les chercheurs ont observé les liens potentiels entre le pourcentage de la masse maigre du corps et les régimes riches en potassium alcalisant, présents en grandes quantités dans les fruits et les légumes. De tels régimes aident à neutraliser l’acidose. Le fait d’être acidifiant ou alcalisant pour un aliment n’a rien à voir avec son goût mais correspond aux pH des résidus qu’il produira dans le corps, par exemple, le pamplemousse acide est métabolisé en résidus alcalins.

Origine : BE Etats-Unis numéro 126 (6/06/2008)

Source : Bushinsky DA. Et al AmJ Physiol 1996; 271:F216 -22
- Frassetto LA, et al. American Journal of Physiology 271, F1114 -F1122.
- Barzel US (1995), Journal of Bone and Mineral Research 10, 1431-1436
- Patience J.F. , Journal of Animal Science, Vol 68, Issue 2 398-408, 1990
- Buclin T, et al Osteoporos Int 2001; 12:493-9

Le sexe du futur bébé lié à l’alimentation de la mère

Une étude anglaise indique qu’un apport calorique important au moment de la conception favorise la naissance des garçons.

La naissance de filles ou de garçons apparaît aux yeux du commun des mortels comme une sorte de loterie répondant à des règles probabilistes simples. Et s’il existe une moyenne, certains couples produisent, à leur grand dam, les uns des séries de filles et les autres de garçons. De tout temps, les êtres humains ont tenté d’influencer ce destin, avec des recettes plus ou moins heureuses. Si les Chinois ont choisi la triste et radicale méthode d’élimination des fœtus féminins après échographie pour faire naître des fils, les Anglais annoncent cette semaine dans le très sérieux journal de l’Académie royale de Londres que la richesse calorique de l’alimentation au moment de la conception est un facteur favorable à la naissance de garçons, alors qu’un régime hypocalorique aurait tendance à sélectionner des filles. Cette découverte, selon les auteurs, pourrait être une des explications du fait que le sex-ratio des naissances s’est un peu modifié récemment dans les pays industrialisés avec un peu moins de naissances de garçons, du fait de l’obsession de la minceur chez les jeunes femmes.

L’équipe de santé publique de l’université d’Oxford, pour aboutir à cette conclusion, s’est penchée sur 720 jeunes Anglaises enceintes pour la première fois et qui ne connaissaient pas le sexe du fœtus. Toutes ont été tenues de se remémorer leurs habitudes alimentaires, dans les semaines antérieures et postérieures à la conception, de manière très précise, afin de calculer pour chacune l’apport calorique quotidien et le type d’aliments absorbés. Ces femmes ont été divisées en trois groupes : celles qui prenaient le plus de calories, celles qui se situaient dans la moyenne et celles qui avaient le plus faible taux de consommation.

Après la naissance, les corrélations entre les apports alimentaires et le sexe de l’enfant ont permis de mettre en évidence le fait que 56 % des naissances étaient des garçons dans le groupe des mamans ayant consommé le plus de calories, alors que ce taux n’était que de 45 % pour celles qui avaient eu le plus faible apport calorique dans la période de la conception. Outre le fait d’ingérer le plus de calories, les mères de garçons étaient plus nombreuses à avoir mangé une plus large variété d’aliments et de nutriments, incluant plus de potassium, de calcium, de vitamines C, E et B12.

Céréales au petit déjeuner

Les chercheurs ont aussi pu mettre en évidence une forte corrélation entre la consommation de céréales au petit déjeuner et la naissance de garçons. En revanche, pas plus le niveau socio-économique que les caractéristiques anthropométriques des parents n’ont paru influencer le sexe de l’enfant. Ni, d’ailleurs, la quantité de café, de thé ou le tabagisme. Enfin, l’indice de masse corporelle (qui tient compte de la taille et du poids) n’est pas un facteur influençant le sexe de la descendance.

Plusieurs leçons peuvent être tirées de cette enquête extrêmement bien documentée. D’une part, au cours des quarante dernières années, selon plusieurs auteurs, il y aurait un petit, mais franc, déclin de la proportion de naissances de sexe masculin dans les pays riches. Cette baisse, considérée jusqu’à maintenant comme la conséquence d’une exposition à des toxiques, et notamment à des œstrogènes-like (certains produits notamment ménagers dits perturbateurs endocriniens sont capables de mimer l’effet des œstro­gènes sur la physiologie), pourrait être liée à l’évolution des comportements alimentaires. En particulier, les changements de régime des jeunes femmes, qui montrent une baisse des quantités ingérées, pourraient expliquer cette évolution. Cette baisse n’est pas incompatible avec le développement de l’obésité, qui serait autant une conséquence de l’absence d’activité physique que de l’excès alimentaire. L’autre leçon, c’est bien sûr qu’il faut conseiller aux femmes qui cherchent à avoir un fils d’avoir une alimentation riche en calories et diversifiée, sans oublier le petit déjeuner.

Aujourd’hui, pour choisir le sexe de l’enfant avant sa conception, la seule méthode infaillible est le diagnostic génétique préimplantatoire. Après une fécondation in vitro, une cellule de l’embryon est examinée, et ne sont implantés dans l’utérus maternel que les embryons du sexe choisi. Ce procédé, interdit en France, est pratiqué aux États-Unis, en Chine, en Inde. «Il y a quelques années, raconte le professeur François Olivennes (Paris), un médecin belge a prétendu avoir mis au point une machine permettant de trier les spermatozoïdes XX ou XY, de manière à faire naître soit une fille soit un garçon.» Il y a enfin le régime du docteur François Papa, qui préconise schématiquement pour faire naître une fille une alimentation riche en calcium et pauvre en sel et inversement pour avoir un fils.

La découverte permettrait d’expliquer en partie le léger déclin de la proportion de naissances masculines dans les pays riches.

Source : Le Figaro