Archive de la catégorie Sciences

Les agents conservateurs

Les conservateurs limitent, ralentissent ou stoppent la croissance des micro-organismes (bactéries, levures, moisissures) présents ou entrants dans l’aliment et préviennent donc l’altération des produits ou les intoxications alimentaires. Ils sont employés entre autres dans les aliments cuits, le vin, le fromage, les jus de fruits et les margarines. Quelques exemples:

  • Dioxyde de soufre et sulfites (E220-228). Ils empêchent les changements de coloration dans les fruits secs et les légumes. Les sulfites inhibent aussi la croissance bactérienne dans le vin et les aliments fermentés, certains snacks et aliments préparés. Ils ont aussi des propriétés antioxydantes.
  • Le propionate de calcium (E282). Il prévient les moisissures sur le pain et les aliments cuits.
  • Les nitrates et les nitrites (sels de sodium et de potassium) (E249-252) sont employés dans la préparation des viandes comme le jambon ou les saucisses de Francfort pour empêcher la croissance de la bactérie botulique, Clostridium botulinum, qui est hautement pathogène.

Que sont les antioxydants ?

Les antioxydants sont des molécules qui aident à protéger les aliments contre les réactions d’oxydation qui accélèrent le vieillissement. Il peut s’agir d’altérations dues à l’oxygène de l’air, à la lumière, aux traces de métaux ou à certaines enzymes.

Où trouve t’on les antioxydants ?

Principalement dans les fruits et légumes, mais on en trouve également dans le thé et le vin.
Ils se classent en 3 catégories : les vitamines (E, C et ß-carotène), les oligo-éléments (Sélénium, Cuivre, Manganèse et Zinc), et de nombreux autres micro-nutriments d’origine végétale comme, par exemple, les polyphénols.

2 - Liste des antioxydants par ordre croissant des n° CE

E 300 : Acide L-ascorbique, Vitamine C E 301 : L-ascorbate de sodium, Vitamine C E 302 : L-ascorbate de calcium, Vitamine C
E 303 : Diacétate d’ascorbyle E 304 : Acide palmityle-6-L-ascorbique, Palmitate d’ascorbyle E 305 : Stéarate d’ascorbyle
E 306 : Extrait riche en tocophérols, Vitamine E E 307 : Alpha-tocophérol de synthèse, Vitamine E E 308 : Gamma-tocophérol de synthèse, Vitamine E

E 309 : Delta-tocophérol de synthèse, Vitamine E

E 310 : Gallate de propyle

E 311 : Gallate d’octyle

E 312 : Gallate dodécyle, Ester N-dodécylique

E 315 : Acide érythorbique

E 316 : Erythorbate de sodium
E 320 : Buthylhydroxyanisol B H A

E 321 : Buthylhydroxytoluène BHT

Des innovations pour une viticulture plus respectueuse de l’environnement

Dans le cadre du programme de soutien à l’innovation du Ministère fédéral de l’agriculture, de l’alimentation et de la protection du consommateur (BMELV), une directive sur le soutien aux innovations pour une viticulture plus respectueuse de l’environnement vient d’être publiée.

Cultiver la vigne en préservant davantage l’environnement suppose une utilisation bien ajustée des intrants et une amélioration constante des méthodes culturales. La poursuite du développement de techniques intégrées de protection des plantes et de techniques de culture est donc une priorité essentielle, en particulier pour la viticulture sur des coteaux très pentus.

Dans cette perspective, le BMELV a décidé de soutenir des projets de recherche industrielle et de développement expérimental (préconcurrentiel) dans les domaines suivants :
- développement de méthodes et d’engins de protection phytosanitaire améliorés, ainsi que d’outils d’aide à la décision pour l’emploi de produits phytosanitaires (comprenant les indications de lacunes) ;
- mesures permettant d’éviter le développement chez les ravageurs de résistances à l’égard des phytosanitaires ;
- amélioration de la nutrition des plantes, de la protection du sol et de la conduite des vignes ;
- amélioration de la sécurité du travail, en particulier en cas de forte pente ;
- développement de nouveaux procédés pour augmenter la sécurité du produit.

Les études réalisées dans le cadre de la procédure d’agrément des produits phytosanitaires et des éliciteurs (substances augmentant la résistance des plantes aux ravageurs) sont exclues de ce soutien.

Le programme de soutien à l’innovation du BMELV cherche à encourager la recherche et le développement, le transfert de connaissances, et à créer de meilleures conditions pour l’émergence d’innovations dans les secteurs agricole et agro-alimentaire ainsi que pour la protection du consommateur. Il comporte des possibilités de soutien pour des innovations techniques et non-techniques, de même que pour des projets visant à augmenter la capacité d’innovation et le transfert de connaissances. Il est doté d’un budget de 20 millions d’euros pour les prochaines années.

Source : Communiqué de presse de l’Office fédéral de l’agriculture et de l’alimentation (BLE) - 27/03/2008

Le génome d’un organisme vivant intégralement reconstruit

Des chercheurs ont réussi à assembler pièce par pièce 582.970 paires de bases, reproduisant fidèlement l’Publiée cette semaine dans Science, sous l’autorité du professeur Dan Gibson et ses collaborateurs, cette avancée a été rendue possible par la mise au point de nouvelles méthodes d’assemblage et de reproduction de fragments d’ADN produits chimiquement en laboratoire. L’équipe travaille au J. Craig Venter Institute (JCVI), un institut créé par Craig Venter qui s’est fait une spécialité de la fabrication de chaîne d’ADN. En 2003, ce chercheur avait déjà réussi à reconstruire le génome d’un virus.

Le modèle utilisé ici est la bactérie Mycoplasma genitalium, qui vit dans l’Une avancée pas-à-pas

La première étape consistant à reséquencer entièrement le génome Pour pouvoir différencier le génome synthétique de son équivalent naturel, les chercheurs ont incorporé des traceurs, constitués d’information atypique ne se trouvant pas dans la nature. D’autres changements ont été volontairement introduits, consistant notamment à perturber le fonctionnement d’un gène afin d’inhiber tout risque de virulence. Ces manipulations ont été réalisées avec l’aide de la la société Blue Heron Technology, ainsi que de DNA 2.0 et Geneart.

L’équipe a ensuite suivi un protocole en cinq étapes consistant à réunir les fragments entre eux, formant des assemblages de plus en plus importants évoluant vers la reconstitution complète d’un génome synthétique de M. genitalium. Dans un premier temps, des groupes de quatre fragments successifs ont été produits, obtenant 25 assemblages comprenant chacun environ 24.000 paires de bases (24 kb). Ceux-ci ont été introduits dans une bactérie Le pas suivant a consisté à assembler trois par trois 24 assemblages, obtenant ainsi 8 blocs de 72 kb. Ceux-ci, qui réunissaient environ chacun le huitième du génome total de Mycoplasma genitalium, ont à nouveau été incorporés dans Escherichia coli pour une nouvelle production d’ADN et un nouveau A ce stade, il devenait impossible de poursuivre l’expérience au moyen de E. coli. L’équipe a donc implanté ces blocs de 144 kb dans une levure. Celle-ci a reconnu les grandes Un vaste programme en trois étapes

Obtenue pour la première fois en juin 2007, la La deuxième étape, celle dont il est question ici, met en application les acquis de cette transplantation de génome, et visait à reconstruire un génome complet. Couronnée de succès, elle ouvre la voie vers les prochaines expériences, qui consisteront à transplanter un chromosome bactérien entièrement synthétique dans un organisme vivant.

Vers un être vivant artificiel ?

Ces recherches constituent-elles une première étape vers la création d’une vie artificielle ? Il faut se garder d’apporter des conclusions hâtives. Le chromosome ainsi construit est la réplique, aussi parfaite que possible, d’un modèle existant déjà. Aboutir à la conception puis à l’assemblage d’un organisme vivant différent des modèles existants, donc créer une Eckard Wimmer, professeur de Comme on peut s’en douter, les recherches entreprises soulèvent de nombreuses questions d’ordre éthique. Aussi, le docteur Venter et l’équipe du JCVI continuent-ils à collaborer avec les conseillers en bioéthique et en conformité avec les textes législatifs régissant ce domaine particulier et en toute transparence, y compris envers le public. Un groupe d’experts constitué de membres du JCVI, du Centre for Strategic and International Studies (CSIS) et du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a été formé sous la responsabilité de la Sloan Fondation afin d’explorer les risques et les avantages de cette technologie émergente afin d’en déterminer les abus éventuels, y compris dans le cadre du bioterrorisme.

Au terme d’une étude de 20 mois et de plusieurs sessions publiques, le groupe a publié un rapport favorable en octobre 2007, rejoignant l’avis d’un autre groupe bioéthique émis par l’université de Pennsylvanie en 1999 et concluant qu’il n’apparaissait aucun motif éthique défavorable à la poursuite de recherches en ce sens.

 

Source : Futura-Sciences

Les nutriments qui rendent de bonne humeur

Au laboratoire “Psychoneuroimmunologie, Nutrition et Génétique” (PsyNUGEN) de l’INRA à Bordeaux, Sophie Layé étudie comment la nutrition peut favoriser l’état de bien-être des individus, pas tant par son influence directe, mais par son action sur l’immunité innée du cerveau. Quand celle-ci est déclenchée, elle génère des altérations du comportement, ou “mal-être”. Or certains nutriments, comme les acides gras polyinsaturés, et plus particulièrement les oméga-3, pourraient contrôler l’activation de ce système immunitaire quand il se dérègle, notamment chez les personnes âgées.

Lorsque le corps est agressé par une bactérie ou un virus, il réagit en produisant des signaux d’alarme qui activent rapidement le système de défense non spécifique de l’organisme, l’immunité innée. Ces signaux d’alarme, appelés cytokines, coordonnent la réponse immunitaire qui a pour but de détruire l’intrus. Mais les signaux d’alarme préviennent en parallèle le cerveau qui, à son tour, développe une stratégie de défense : elle se traduit par de la fièvre mais aussi par des attitudes de malade : troubles de l’humeur, perte de mémoire, sommeil, manque d’appétit, repli sur soi, etc. Ces comportements sont commandés par l’action des mêmes signaux que ceux émis par le corps : les cytokines, qui agissent sur différentes structures cérébrales. Ces manifestations comportementales, réversibles à l’arrêt de la synthèse des cytokines, font partie de la stratégie de défense.Pourtant, la synthèse de ces cytokines n’est pas toujours associée à un état de défense de l’organisme. Ainsi, chez certaines personnes vulnérables (malades sous traitement, personnes âgées dont le système immunitaire se dérègle avec l’âge ou personnes obèses), les signaux émis par l’activation du système de l’immunité innée est chronique : en faible proportion mais continue. Cette activation prolongée, qui ne sert pas à défendre l’organisme, devient toxique pour les neurones et peut conduire au développement de troubles de l’attention ou à des situations dépressives plus graves.C’est dans ce contexte qu’intervient l’alimentation, car l’organisme est exposé sa vie durant à des composants de l’alimentation qui sont susceptibles de moduler ces relations. L’attention des chercheurs de l’équipe de Sophie Layé a été retenue par les acides gras polyinsaturés (AGPI) en raison de leurs fortes teneurs dans le cerveau (30 % ou la concentration la plus élevée dans le corps). Les AGPI existent sous deux formes, les AGPI n-3 et les AGPI n-6, appelés aussi oméga-3 et oméga-6, qui diffèrent par la position de la double liaison de leur chaîne carbonée. Or la population française est de plus en plus exposée à des régimes alimentaires de type “fast-food” nettement plus riches en oméga-6 (que l’on trouve par exemple dans l’huile de tournesol) mais déficients en oméga-3 (présents dans le poisson, les fruits de mer, l’huile de colza…) par rapport au régime traditionnel.

Les chercheurs ont donc soumis de jeunes souris, pendant toute leur existence, à un régime carencé en oméga-3. Leurs résultats montrent que les souris âgées soumises à ce régime carencé développent davantage de troubles de la mémoire et ont des taux de cytokines inflammatoires plus élevés que les souris soumises à un régime équilibré. Cette expérience suggère que les oméga-3 limitent la production de cytokines.

Les chercheurs ont alors entrepris d’évaluer les interactions réciproques entre alimentation et inflammation et leurs conséquences sur le bien-être (participation au programme Coginut de l’Agence Nationale de la Recherche piloté par l’Inserm de 2006 à 2010). Ils ont travaillé sur des individus de 65 ans et plus, dont les habitudes alimentaires sont connues. Les résultats préliminaires indiquent que les personnes âgées qui ont une activation immunologique chronique ont elles aussi des taux d’oméga-3 plus faibles. Elles ont en outre une qualité de vie plus altérée que les individus sans activité immunitaire. Ainsi, les troubles de l’humeur chronique chez les personnes âgées pourraient résulter d’une production trop importante de cytokines, liée à une carence en oméga-3.

Ces travaux devraient permettre à terme de proposer de nouvelles modalités de prise en charge de ces troubles de l’humeur, en particulier par des recommandations alimentaires comme la consommation d’aliments riches en oméga-3, pour leurs effets sur le bien-être. Bien sûr, prendre une gélule quotidienne d’oméga-3 ne suffirait pas, il s’agit plutôt de bâtir une nouvelle hygiène alimentaire à l’échelle de la vie !

Bio express :
Sophie Layé est généticienne de formation mais sa thèse l’a amenée à se spécialiser en neuroimmunologie. Nommée enseignant-chercheur à l’université de Bordeaux, elle s’est consacrée au rôle des hormones dans les comportements alimentaires. Recrutée en 2004 comme chercheuse au sein du département “Alimentation humaine” de l’INRA, et affectée au laboratoire Psynugen, elle anime l’équipe “Nutrition, Cytokines et Troubles Neuropsychiatriques”.

Rédacteur : Service Presse INRA, tél : 01 42 75 91 69Contacts :
Sophie Layé - Unité mixte de recherche “Psychoneuroimmunologie, Nutrition et Génétique” (INRA, CNRS Université Bordeaux 2) - Tel : 05 57 57 37 22 - sophie.laye@bordeaux.inserm.fr
Centre INRA de Bordeaux